10/18·Drame·Thriller

Notre mère – Koren Zailckas

notre mere

Titre VO : Mother, Mother
Édition : Editions 10/18
Genre : Drame, Thriller
Pagination : 450
Prix : 8.40€

Quatrième de couverture

Que s’est-il passé pour que Violet Hurst, seize ans, tente d’agresser sa mère avec un couteau, blesse son petit frère et se retrouve placée en hôpital psychiatrique ? Loin de chez elle, l’adolescente réfléchit, cherche la raison de sa détresse psychologique, de sa subite addiction au LSD, de ses tendances à l’autodestruction ; la raison qui pousse son père à se noyer dans son travail et dans l’alcool ; la raison qui brise chaque jour un peu plus la fragile confiance en soi de son frère Will, dix ans, auquel on vient de découvrir un syndrome d’Asperger ; celle encore qui a poussé sa soeur aînée Rose à fuir le domicile familial un an plus tôt sans laisser d’adresse. Une raison nommée Josephine, la mère… Dans l’ombre d’une famille qui se délite, mère et fille commencent une longue et terrifiante guerre psychologique. Et sortent du placard les terribles secrets des Hurst…

Avis

Koren Zailckas est une autrice connue aux Etats-Unis avec son roman Smached où elle raconte sa descente aux enfers à coup de boissons alcoolisées. Ainsi, c’est en s’inspirant une nouvelle fois de sa vie et de son enfance que Koren Zailckas écrit Notre mère.

La famille Hurst ressemble à toutes les familles, trois beaux enfants, Rose, l’ainée, Violet, la cadette et Will, le petit dernier, Joséphine, une mère aimante et Douglas, un mari dévoué. Pourtant, lorsqu’on pousse la porte de cette maison parfaite, on y découvre que tout n’est pas ce qu’il paraît être.

On croirait que l’autrice se perd, qu’elle s’embrouille dans ses péripéties, mais elle manipule son lectorat pour le faire douter, lui faire suivre un autre chemin, jusqu’à ce qu’un des personnages pointe du doigt un indice qui conduit peut-être à la vérité. Quelle vérité ? Celle-ci peut avoir plusieurs sens selon qui la dit et l’écoute. Certainement que celle de Violet est complètement opposée à celle de Joséphine, mais celle de Will correspond sûrement à celle de sa mère. Alors que le père lui est perdu, exclu de cette famille, trop centré sur ses problèmes. L’intrigue est plus complexe, plus tordue, comme ce simulacre de famille.

Notre mère aurait pu avoir un narration omnisciente, zoomant sur chacun des membres de la famille. Pourtant, le choix s’est porté vers Violet et Will. Un choix fort de sens. Ces deux personnages ont une place bien différente au sein des Hurst. Ils ne vivent pas de la même façon, n’ont pas la même relation avec les autres membres, dans leurs yeux, nous découvrons les secrets et les mensonges des Hurst.

Une famille aux apparences parfaites, mais brisé à l’intérieur depuis la disparition de l’ainée, Rose. Celle-ci a décidé de tout plaquer pour partir avec son petit ami à New-York laissant sa famille sans nouvelles. Joséphine a vu sa star disparaître alors elle déporte toute son attention sur son fils, Will. Enfant autiste, harcelé à l’école, qui sera donc déscolarisé. Violet, la cadette, n’est que le mouton noir de la famille, elle n’a ni la prestance de Rose, ni la docilité de Will. Elle ne se sent pas à sa place au sein de cette famille hypocrite et se dirige vers les drogues et une forme de bouddhisme qui la détruit à petit feu.

Après cette dispute où elle aurait poignardé Will, après l’internement forcé, il est temps pour Violet de prendre sa vie en main et d’exposer au monde les manipulations de sa mère. Cependant, comment faire lorsque cette mère use et abuse de mensonges et de non-dits pour arriver à ses fins.
Ce n’est pas auprès de son père alcoolique et indifférent que Violet trouvera un soutien. Peut-être chez cet agent des services sociaux qui semble le seul à la croire. Mais dit-elle vraiment la vérité? L’emprise de la drogue n’a-t-elle pas altérée son jugement et sa mémoire? Violet va fouiller dans ses souvenirs, va trouver la force de vivre et de se battre, les lettres de Rose lui donne cette volonté. Elle a peut-être une chance de quitter ce foyer toxique.

Koren Zailckas instille le soupçon chez son lecteur. La narration de Will, cet enfant autiste, extrêmement proche de sa mère, peut-être trop, nous fait hésité. Une mère aime ses enfants quoiqu’il arrive, qu’importe qui ils sont et ce qu’ils font. Malheureusement, Joséphine est une grande actrice sur la scène de sa vie, tout est réfléchi, millimétré, rien ne doit dépasser et surtout pas sa fille droguée au crâne rasé et aux convictions bouddhistes. Avec Will, c’est plus facile, lui, il la croit, lui, il fera tout pour avoir son approbation, son amour.

Dans cet imbroglio, il manque un chaînon à cette famille, à cette intrigue, Rose. L’ainée, disparue, enfuie, pourquoi, comment. Les lettres qu’elle écrit à Violet sont succinctes, elle distille assez d’informations pour donner de l’espoir à sa sœur, mais peu pour aider le lecteur dans sa quête.
Chaque membre joue son rôle dans la famille Hurst jusqu’à la fracture. Ensuite, il faut arriver à recomposer le puzzle, à déceler la vérité du mensonges, à comprendre les tenants et aboutissants.

En conclusion, Notre mère est un roman psychologique prenant. Karen Zailckas fait passer tellement d’émotions et d’incertitude dans ses mots. Les évènement s’enchaînent, entraînant le lecteur dans les ténèbres d’une famille qu’on croirait uni. Au fils des pages, tout s’écroule comme un château de carte, quel membre arrivera à sortir la sienne du jeu.

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2 réflexions au sujet de « Notre mère – Koren Zailckas »

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