Albin Michel·Wiz

Treize raisons – Jay Asher

Titre VO : 13 reasons why
Édition : Albin Michel, collection Wiz
Genre : Drame, Young-Adult
Pagination : 284
Prix : 13.50€

Quatrième de couverture

Clay Jensen reçoit sept cassettes enregistrées par Hannah Baker avant qu’elle ne se suicide. Elle y parle de treize personnes qui ont, de près ou de loin, influé sur son geste. Et Clay en fait partie. D’abord effrayé, Clay écoute la jeune fille en se promenant au son de sa voix dans la ville endormie. Puis il découvre une Hannah inattendue qui lui dit à l’oreille que la vie est dans les détails. Une phrase, un sourire, une méchanceté ou un baiser et tout peut basculer…

Avis

Quinze jours sans rien écrire. Quinze jours à accumuler les lectures en cours, en finissant un roman de temps en temps. Pourtant la date fatidique arrivait, la lecture commune de Treize raisons que j’ai organisé sur Livraddict. Je voulais profiter de la sortie de la série aujourd’hui pour lire ce roman qui trainait dans ma PAL et dont j’avais entendu de bons avis. Autant dire que cette lecture m’a laissé vidée. Je ne sais pas trop quels sentiments parcourent mon esprit quand j’écris, mais je vais essayer de vous donner mon avis le plus clairement possible.

Hannah Baker a lassé sept cassettes qu’elle a enregistré avant de se suicider. Avant de faire ces cassettes, Hannah avait une liste de personnes qui ont fait basculer sa vie, qui l’ont entrainé vers ce dénouement. Au début du roman c’est au tour de Clay Jensen d’écouter ses sept cassettes recensant treize raisons d’avoir fait ce choix.

Jay Asher offre un roman fort au style saisissant. Il y a un chapitre par raison, un chapitre une face de cassette. Le lecteur essaie d’imaginer la voix d’Hannah, ce qu’elle a ressenti en les faisant, en sachant ce qu’elle s’apprêtait à faire, tout ce qu’elle avait vécu.
En parallèle, nous avons la narration de Clay. Un garçon discret et gentil, plein de bonnes intentions, qui se retrouve sur ces cassettes. Tout au long du roman, il essaie de comprendre pourquoi, et ensuite comment. Emprunt d’un sentiment de culpabilité et de manque, Clay fait face à l’horrible réalité, à l’ignorance dans laquelle il vivait.

C’est là que vient la frustration. Une énorme frustration puisque nous lecteurs connaissons le fin mot de cette histoire. Il n’y aucune lumière au bout du tunnel. La dernière page ne rendra pas son souffle à Hannah. On suit impuissant le déroulement des événements. Jay Asher nous met face à notre incapacité à contrôler cette histoire.
En fin de compte, nous sommes plus proches de Clay. Il ne fait que subir les cassettes sans pouvoir sur la réalité. Pourtant il était là, il a entendu les rumeurs, il a vu les comportements changer, lui-même est resté pétrifier face à Hannah. Faire un pas vers elle, faire face aux regards des autres, croire aux mots qui courent.

Et puis vient la colère. Comme tout être humain, j’étais en colère contre ces différentes personnes qui pierre par pierre ont détruit la vie d’Hannah. Des petits cailloux jetés à l’eau qui créent des ondes qui grandissent et brisent la surface calme de l’eau. Au fil de ses vaguelettes, l’adolescente a fini par perdre pied et se noyer.
En même temps, on est en colère contre Hannah. Pourquoi ce choix? Pourquoi ne pas avoir parler? On l’a vu échanger avec tous ces personnages, on l’a vu esquisser un geste parfois et se résigner pour se diriger vers la fatalité. D’une certaine façon, je m’en veux d’être en colère contre elle. Elle n’a pas choisi ce qui lui est arrivée, les rumeurs, le harcèlement et la trahison. De l’autre côté, on l’a vu aller vers Clay, ce garçon timide, amourachée de la jeune fille, qui rêvait d’être son preux chevalier et qui vivra avec sa culpabilité.

Je n’aurais qu’un bémol à émettre. Le point de vue de Clay et la voix d’Hannah se fondent l’un avec l’autre, ils s’entremêlent tellement bien que ma lecture a parfois été difficile. Je perdais pied d’une scène à l’autre, comme si j’avais le vertige.

Cependant Treize raisons m’a chamboulé. Hannah voit le pire de l’humain, subit en silence et les autres n’ont aucune idée du mal qu’ils font. Pour eux, c’est une simple blague, un geste anodin, une photographie indiscrète, plein de petits gestes malsain qui ont entraîné Hannah vers la fin, qui nous entraîne vers la dernière page. On cherche l’espoir en refermant le roman, à l’instar de Clay, nous n’avons pas pu sauver Hannah, mais peut-être pouvons-nous sauver quelqu’un d’autre.

Lecture commune avec Sanguine

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4 réflexions au sujet de « Treize raisons – Jay Asher »

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