Milady

Pour que tu sois mienne – Sara Farizan

Titre VO : If you could be mine
Édition : Milady
Genre : Contemporain
Pagination : 286
Prix : 7.20€

Quatrième de couverture

Sahar vit à Téhéran. Elle est amoureuse de sa meilleure amie depuis toujours. Pour combler le fossé social qui les sépare, elle travaille dur dans l’espoir de devenir médecin. Le reste du temps, elle prend soin de son père, muré dans le silence depuis la mort de sa femme. Lorsque Sahar apprend les fiançailles de Nasrin, son rêve s’effondre. La cérémonie aura lieu dans trois semaines, sauf si elle trouve une façon d’empêcher ce mariage. Mais en Iran où l’homosexualité est punie par la peine de mort, si elle veut s’unir à une femme, elle n’a d’autre choix que de devenir un homme. Encore faut-il qu’elle accepte de se faire « réparer », et qu’elle entame la métamorphose sans laquelle son union serait jugée contre nature.

Avis

De plus en plus, je me penche sur des romans comme Pour que tu sois mienne. L’Orient est un territoire plutôt inconnue avec des mœurs et des lois plutôt éloignées de moi, je n’en connais que ce que les informations me donnent sans pousser les recherches. Je pensais que c’était le genre de lecture qui ne me tenterait pas tant que ça. Pourtant, je me suis lourdement trompée, c’est exactement ce qui me fait vibrer, ce qui me révolte et en même temps qui me montre que parfois l’être humain a tant à offrir.

Sahar est une adolescente studieuse qui est follement amoureuse de Nasrin. Malheureusement à Teheran, leur couple est illégale et elles vivent leur amour en secret jusqu’à l’annonce du mariage de sa meilleure amie. Pour Sahar commence son combat pour retourner la situation en sa faveur et trouver une solution pour pouvoir vivre avec celle qu’elle aime.

Sara Farizan nous conte ici une magnifique histoire de femme et d’amour. Bien trop courte à mes yeux, j’aurais aimé suivre Sahar pendant des pages et pages tellement elle m’a bouleversé.
Écrit à la première personne, Sahar expose avec clarté, chaleur et passion sa vie de femme iranienne et d’homosexuelle. Loin de se coller une étiquette, elle ne se considère pas vraiment ainsi, selon Sahar, elle aime tout simplement Nasrin. L’homosexualité coûte beaucoup à ceux qui la vivent, le secret, la peur et pire la mort pour ceux qui sont mis à jour. Cette épée de Damoclès suspendue au-dessus de leur tête contraint Nasrin s’incline face au mariage imposé par ses parents. Bien sur ce n’est pas au goût de Sahar qui ne veut pas vivre dans le secret et l’adultère. Quel choix lui reste-t-il?

La solution apparaîtra sous les traits de Parveen, une jeune femme transsexuelle qui guidera Sahar dans cet univers inconnu. A ses côtés, Sahar trouvera la transformation de son corps comme légitime pour vivre son amour à la lumière. Cependant, les réunions auxquelles elle assistera et les autres transsexuelles qu’elle rencontrera la feront réfléchir sur cette décision importante de sa vie.
Au fil des pages, on comprends vite que Sahar, si elle n’est pas spécialement féminine et accorde peu d’importance à son apparence, n’a aucun problème avec son genre. Son problème, c’est les interdits et obligations en tant que femme. On a le coeur serré en la voyant se diriger vers ce choix qui n’en est plus vraiment un. Paradoxalement, l’Iran autorise et aide les personnes qui souhaitent changer de sexe, l’État estime qu’il « répare » ses gens qui ne sont pas nés dans le bon corps. Malheureusement, tout au long du roman, autant l’homosexualité que la transsexualité sont considérés comme des maladies, voire certaines personnes rejettent l’une ou l’autre de ses communautés.

Je me suis beaucoup attachée à Sahar, tout d’abord parce que c’est elle la narratrice et qu’elle est bouleversante. Elle vit seule avec son père dépressif. Ce dernier est veuf depuis de nombreuses années et n’a pas réussi à faire son deuil. Sahar est donc plutôt indépendante et seule face à ses difficultés. A l’inverse, si Nasrin peut paraître rebelle, en dévoilant des bouts de peau ou en mettant mal son foulard, elle assume beaucoup moins son amour pour Sahar. J’avoue avoir eu du mal avec son personnage, je la trouvais capricieuse et manipulatrice, laissant Sahar avec sa peine. Elle n’a pas l’intelligence et sûrement l’envie de faire des études comme Sahar, et il reste assez peu de choix aux femmes dans ce cas-là. Nasrin se résigne donc à une vie de femme au foyer aisée, mais accablée par l’amour qu’elle porte à Sahar.

Avec ses deux jeunes femmes, Sara Farizan expose la dur réalité de la condition féminine et de la communauté LGBT en Iran. L’une comme l’autre doivent faire face aux traditions et aux lois qui les emprisonnent dans des carcans moraux d’un autre temps. Si l’une à renoncer, l’autre a décidé de se battre, mais à quel prix. On referme le roman avec la boule au ventre et le cœur en morceaux car on sait qu’il faudra plus que quelques pages pour offrir la liberté à ses femmes.

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