Fleuve éditions

Pirates, tome 1 : l’Oiseau des tempêtes – Serge Brussolo

Édition : Fleuve éditions
Genre : Historique
Pagination : 398
Prix : 19.90€

Quatrième de couverture

Bretagne, sous le règne du Roi-Soleil. L’Oiseau des tempêtes, c’est le navire rêvé d’Artus de Bregannog. Pour l’heure, le baron contemple l’épave qu’il a acquise dans l’espoir de la transformer en une embarcation mythique, et refuse d’entendre les avertissements de ses hommes. Le navire est maudit, habité par ses fantômes d’esclaves, et tout laisse à penser que le chantier ne sera qu’une accumulation de grands malheurs, si l’on n’abandonne pas.
Il a beau flirter avec la démence depuis qu’une flèche empoisonnée lui a traversé la peau en Amérique, Artus de Bregannog garde sa morgue intacte et, cumulant quelques richesses issues de ses pillages, croit sans vaciller à son projet. Le baron sans le sou est un naufrageur.
Parmi sa garde rapprochée, on trouve Alexandre, ce vétérinaire qui lui a sauvé la vie et auquel il a enjoint de prendre femme. Une femme frivole et même parfaitement folle. Désormais qu’elle partage les jours d’un vieux garçon, elle égrène les gloires passées, mélange fantasmé de fastes de cour et de respectabilité. C’est une comédienne devenue épouse. Autant dire une prostituée sauvée du ruisseau. Dans ses bagages, Marion, sa fille dont elle va faire une orpheline. Devenue l’obsession d’un familier du baron et muse à son insu, courant le danger d’une mort certaine tandis qu’on intrigue au point même de menacer le baron, cette enfant à peine devenue femme va fuir, aidée en sous-main par son beau-père.
De cette fuite naîtra une odyssée, et Marion de quitter le rôle qui lui était naturellement dévolu : celui d’une proie facile, et même d’une traînée. S’adaptant aux obstacles jetés sur son chemin, quittant parfois son genre pour se réaliser dans des rôles taillés pour les hommes, multipliant les rencontres décisives, Marion ne suivra qu’une voie, celle de la liberté.

Avis

Cela fait des années que j’ai lu mon premier livre de Serge Brussolo, Peggy Sue, offert par ma mère. Une série que j’avais beaucoup aimé, même si je ne l’ai jamais fini. Dans un tout autre genre, L’Oiseau des tempêtes a été une bonne lecture, sombre et plutôt dramatique.

En Bretagne, Marion est une jeune fille qui a été élevée par une mère ancienne comédienne et prostituée, remariée à Alexandre, un vétérinaire couard et indifférent dans le château d’Artus de Bregannog, un baron avide d’argent et de combat. Elle vit dans un village de naufrageurs, des paysans qui forcent les bateaux à s’écraser sur les rochers près du rivage, tuent l’équipage qui parvient à remonter sur la plage et revendent les cargaisons. La jeune fille a dû faire preuve très tôt d’indépendance et d’autonomie car il s’avère que sa mère est complètement et divague régulièrement sans que personne ne s’en inquiète. De plus les années faisant, Marion devient une jeune femme attirante, un peu frivole, qui attire l’œil des hommes qui se retiennent car elle est sous la coupe du baron lui aussi un peu fou. Au fil de l’histoire, Marion va de malchance en mésaventure et même la fin ne laisse rien de présager de bon.

L’Oiseau des tempêtes est un roman historique plutôt sombre. Vous n’y trouverez pas beaucoup de bonne humeur, mais plutôt des moments durs et violents sur la condition de la femme à l’époque du Roi Soleil. A travers Marion, on (re)découvre la place de femme, peu enviable, sans réel droit à part d’être belle et de se taire, pas trop belle non plus parce qu’après les commères du village et les pervers s’en donnent à cœur joie. On ne parle de pas de ce qui leur arrive lorsqu’elles sont jetées en prison pour diverses raisons. Être oubliées dans la fosse ou envoyées aux colonies pour repeupler les nouvelles conquêtes et satisfaire les hommes en manque.

J’avoue avoir été prise de dégout régulièrement au cours de ma lecture. Marion enchaîne les déboires, mise en prison à cause des méfaits de son village et du baron, lâchée à Marseille par des fossoyeurs, envoyée dans une colonie où il n’y a qu’une trentaine de femmes comme elle pour une centaine d’hommes en rut. La vie de Marion est une grande pièce tragique. Pourtant, elle ne baisse pas les bras, elle fait preuve de jugeote ayant eu la chance d’avoir une bonne éducation, mais elle reste assez naïve et manipulable.

Avec L’Oiseau des tempêtes, Serge Brussolo attaque une série avec force. Un univers dur et violent qui laisse peu de place à la sensiblerie. L’écriture est direct et puissante, on s’attache à la pauvre Marion, on est écœuré par les difficultés de la vie de l’époque. Je ne sais pas où il nous entraîne, mais la série me semble prometteuse.

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