Milady

Si la lune éclaire nos pas – Nadia Hashimi

Titre VO : When the moon is low
Édition : Milady
Genre : Contemporain
Pagination : 512
Prix : 18.20€

Quatrième de couverture

Kaboul est entre les mains des talibans. Depuis que son mari, considéré comme un ennemi du régime, a été assassiné, Fereiba est livrée à elle-même. Si elle ne veut pas connaître le même sort que son mari, elle doit fuir. Après avoir vendu le peu qu’elle possède, elle entreprend un voyage périlleux avec ses trois enfants, dans l’espoir de trouver refuge chez sa sœur, à Londres. Comme des milliers d’autres, elle traverse l’Iran, la Turquie, la Grèce, l’Italie et la France. Hélas, les routes de l’exil sont semées d’embûches : que devra-t-elle sacrifier pour de meilleurs lendemains ?

Avis

Dans notre contexte actuelle, Si la lune éclaire nos pas fait étrangement écho à ce qu’on voit quotidiennement aux informations sans vraiment le vivre. Un roman touchant qui nous entraîne sur les pas d’exiler en recherche de paix.

Fereiba est une femme afghane qui n’a pas vraiment eu d’enfance. Lorsque le vent finit par tourner, un emploi, un mariage, des enfants, une vie que Fereiba a réussi à se construire au prix de courage et de volonté, les Talibans prennent le pouvoir l’Afghanistan de son enfance n’est plus. La mort de son mari va rendre la situation invivable, Fereiba n’aura d’autres choix que de partir sur les routes pour rejoindre sa famille à Londres.

J’avais entendu parler de Nadia Hashimi avec son roman La perle et la coquille qui a des avis dithyrambiques. Il a d’ailleurs rejoint mes audiobooks il y a peu. L’occasion était belle découvrir l’écriture de l’auteur au travers de Si la lune éclaire nos pas grâce à Milady et Netgalley. Je ne suis en rien déçue de ma lecture. L’auteur a su m’emporter au côté de ses personnages, j’ai souffert, j’ai été émue et ce qui me semblait si loin de moi il y a quelques jours s’est imposé comme la triste réalité qui se passe à quelques kilomètres dans mon propre pays.

Fereiba nous raconte sa jeunesse en Afghanistan. Orpheline de mère, elle vit avec son père qui s’est remarié avec quelque temps après le décès de sa femme. Kokogul, la belle-mère de Fereiba est surtout intéressée par la réputation du père et dès qu’elle met au monde ses enfants, Fereiba est reléguée à la place de domestique. Malgré tout, elle ne se plaint jamais et on la voit très peu pliée l’échine. Elle mettra toute sa force et sa détermination pour pouvoir entrer à l’école et bien qu’elle est du retard, elle travaillera durement pour remonter son niveau et réaliser son rêve d’être institutrice.
Cette partie de l’histoire est bien loin du présent de Fereiba. Elle nous permet de comprendre dans quelle condition vivait les Afghans avant l’arrivée des Talibans, surtout la condition de la femme. Même si elle n’avait pas toujours voix au chapitre de sa vie, elle avait plus de liberté que lorsque les Talibans ont changé les règles.

C’est le moment où tout bascule, son marie mort, Fereiba se retrouve coincer. Là le lecteur comprends toute l’horreur. Cette beauté exotique que nous découvrons au fil de la jeunesse de Fereiba est étouffée par l’horreur du régime répressif. L’exemple le plus marquant qui m’a serré le cœur, c’est lors du troisième accouchement de Fereiba. Elle est seule, le seule de la maison est son fils ainé Salim, à peine un adolescent. Lorsqu’elle se rend à l’hôpital, elle est frappée dans la rue par des hommes qui la houspille parce qu’elle n’a pas d’homme pour l’accompagner, qu’elle devrait avoir honte de se montrer ainsi à son fils. Une scène à faire vomir.
Après la naissance d’Aziz, son dernier enfant, Fereiba sait que c’est le moment pour elle de quitter son pays, qu’elle doit traîner ses trois enfants sur la route et garder courage.

Au cours de leur route, Fereiba et ses enfants ont eu la chance de rencontrer de bonnes personnes pour contrebalancer les passeurs avides. Cependant, l’argent n’est pas éternel et il faut continuer le voyage. A cet instant, la mère laisse place au fils et le lecteur découvre en Salim, un autre personnage à aimer autant que sa mère. Il n’a rien à envier à ses parents, intelligent, mature avant l’âge, il est l’homme de la famille dorénavant et il n’hésite pas à traîner dans la boue (je suis gentille) pour les sortir de leur situation. Tout d’un coup le roman prendre deux voix, et l’auteur nous laisse parfois en suspend à la fin d’un chapitre pour changer de personnage. Notre cœur se serre de laisser l’un ou l’autre car on ne veut qu’une chose : qu’ils trouvent la paix.

Si la lune éclaire nos pas est une réalité pour des milliers d’étranger. Rester dans leur pays et mourir à petit feu ou prendre la route et goûter à l’aversion de gens. Nadia Hashimi relate leur parcours avec tant de réalisme sans tomber dans le pathos, elle donne tant d’humanité à Fereiba et sa famille, à ses gens qui ont essayé de les aider, coincer dans un cercle vicieux. Elle permet au lecteur de sortir de sa zone de confort et de regarder plus loin que le pas de sa porte.

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2 réflexions au sujet de « Si la lune éclaire nos pas – Nadia Hashimi »

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