Presse de la cité

Ainsi fleurit le mal – Julia Heaberlin

Titre VO : Black-Eyed Susans
Édition : Presse de la cité
Genre : Thriller
Pagination : 560
Prix : 23€

Quatrième de couverture

« J’ai toujours pensé que la mort avait quelque compte à régler avec moi. »
À seize ans, Tessa est retrouvée agonisante sur un tas d’ossements humains et au côté d’un cadavre, dans une fosse jonchée de milliers de marguerites jaunes aux yeux noirs. Partiellement amnésique, seule survivante des « Marguerite » – surnom que les journalistes ont donné aux victimes du tueur en série –, elle a contribué, en témoignant, à envoyer un homme dans le couloir de la mort. Terrell Darcy Goodwin, afro-américain, le coupable parfait pour la juridiction texane.
Presque vingt ans ont passé. Aujourd’hui, Tessa est une artiste et mère célibataire épanouie. Si elle entend parfois des voix – celles des Marguerite qui n’ont pas eu sa chance –, elle est toutefois parvenue à retrouver une vie à peu près normale. Alors, le jour où elle découvre un parterre de marguerites jaunes aux yeux noirs planté devant sa fenêtre, le doute l’assaille… Son « monstre » serait-il toujours en cavale ? La narguerait-il ?

Avis

La blogueuse superficielle que je suis, a d’abord craqué sur la couverture belle et tragique. Ensuite, le résumé a attiré mon attention, un serial-killer, une victime amnésique, des fleurs devant une fenêtre, le monstre est-il celui que l’on pense être.

Quand elle était adolescente, Tessie a été enlevée et déposée vivante dans une fosse avec trois autres jeunes filles mortes et des marguerites jaunes aux yeux noirs. Aujourd’hui Tessa est une mère célibataire, plutôt heureuse, bien qu’encore hantée par son passé. Les marguerites jaunes aux yeux noires plantées toutes ces années ne l’ont pas aidée à tourner la page. Et quand un avocat souhaite prouver que la personne emprisonnée à l’époque dans l’affaire est innocente, Tessa va remuer ciel et terre pour enfin connaître le fin de mot de l’histoire.

Julia Heaberlin alterne la Tessie du passé et la Tessa du présent. Celle du passé, Tessie se bat avec ses souvenirs et son envie de passer à autre chose alors que des psychologues s’escriment à lui redonner la mémoire. De l’autre côté, la Tessa du présent ne se souvient toujours pas de ce qui s’est passé, pourtant les « Marguerites » lui rappellent qu’elle doit trouver la vérité, que c’est au fond d’elle. Les chapitres sont courts et nous laissent sur notre faim, créant un rythme qui vous oblige à tourner la page pour connaître la suite.

Le roman peut paraître un peu long car il y a peu d’actions et pas mal de psychologies. On suit les tergiversions de Tessie et Tessa à des périodes différentes de leur vie. On découvre leur entourage qui essaie de les guider tant bien que mal.
Tessie est une adolescente traumatisée, elle a passé beaucoup de temps avec ces cadavres, croyant qu’elle ne survivrait pas. Et après son sauvetage, elle s’est retrouvée au centre de l’attention avec une pression grandissante. Il faut désigner un coupable. Elle n’hésite pas à trafiquer ses dessins avec sa meilleure amie Lydia pour donner de l’eau au moulin du psychologue qui la suit.
Tessa reste meurtrie par son passé, même si elle a réussi à se construire une petite vie entre sa fille, Charlie et son travail d’artiste. Malgré tout elle a ce besoin de connaître la vérité, de fouiller sa mémoire, pour se pardonner d’avoir survécu, de ne peut-être pas avoir arrêté le bon meurtrier.

Au cours du roman, l’auteur met en avant quelques choses d’assez récurrent dans certains états d’Amérique. On voit vite que le meurtrier qui attend dans le couloir de la mort était tout choisi à l’époque, Terell Darcy Goodwin est noir dans l’état du Texas. On découvre très vite que la population, a tendance raciste, n’a eu aucun problème à l’envoyer croupir en prison pendant quinze ans sans réel preuve.
Au travers de Tessie/Tessa, elle met des mots sur le traumatisme et la culpabilité d’être « celle qui a survit », mais qui ne se souvient pas, qui n’a pas pu aider celles qui sont restées.

Ainsi fleurit le mal est un roman travaillé, peut-être un peu long, on attend la fin avec impatience, mais quand elle arrive, elle vaut la patience qu’on a eu. J’attendais peut-être un peu plus d’explications sur le « pourquoi » et le « comment ». Pourquoi ces fleurs? Pourquoi ces filles? Comment a-t-il fait? Mais le travail de recherches effectué par l’auteur et la justesse des émotions qu’elle fait passées, nous emmène vers le dénouement et nous font oublier le reste.

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6 réflexions au sujet de « Ainsi fleurit le mal – Julia Heaberlin »

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