Drame·J'ai lu

La nostalgie de l’ange – Alice Sebold

Titre VO : The Lovely Bones
Éditions : J’ai lu
Genre : Drame
Pages : 447
Prix :  7.20€

Quatrième de couverture

Le viol et le meurtre de la petite Susie sont sans doute les souvenirs les plus effroyables qu’elle ait emmenés au paradis. Mais la vie se poursuit en bas pour les êtres que Susie a quittés, et elle a maintenant le pouvoir de tout regarder et de tout savoir. Elle assiste à l’enquête, aux dramatiques frissons qui secouent sa famille. Elle voit son meurtrier, ses amis du collège, elle voit son petit frère grandir, sa petite sœur la dépasser. Elle observe, au bord du ciel, pendant des années, la blessure des siens, d’abord beante puis sa lente cicatrisation…

Avis

La nostalgie de l’ange est un roman qui vous prends aux tripes, on en ressors tout simplement un peu plus vivant.
Dés la première page, on rentre dans le vif du sujet:

Nom de famille: Salmon, saumon comme le poisson; prénom: Susie. Assassinée à l’âge de quatorze ans, le 6 décembre 1973.

Susie nous raconte ce qui lui est arrivé. Sa façon d’en parler m’a parfois déconcerté, il y avait un certain recul dans ses propos à propos de son meurtrier.
Les premiers chapitres ont été pour moi les plus difficiles, l’horreur du meurtre, et tout ce qu’il y a autour. J’ai été marqué par la façon dont elle continue à parler de son corps meurtri comme si elle était encore dedans.

Et il m’a ramené chez lui où je l’ai attendu pendant qu’il allait se laver. […] Lorsqu’elle faisait visiter les éventuels acheteurs l’agent immobilier racontait que c’était une tache d’huile, alors que c’était moi, coulant du sac que Mr Harvey avait porté, qui m’étais déversée sur le béton. Le début de mes signaux secrets adressés au monde.

Susie nous décrit quelques fois son paradis, un endroit où tous vos désirs se réalisent, sauf un, celui de revenir sur Terre. Au cours du roman, elle y revient pour parler de ceux qui l’accompagnent et ceux qui la rejoignent au fur et à mesure. Chacun à son paradis au gré de ses envies et parfois certaines personnes se retrouvent comme Holly et elle. Plus tard, elle rencontrera d’autres filles tuées par Mr Harvey

Toute l’histoire est basée sur la mort de Susie, ce qu’elle apporte, les conséquences qu’elle donne au futur. Pendant plusieurs années, on suivra ses parents, sa sœur et son frère, son premier amour et Ruth. Année après année, elle décortique leur vie. Si ses proches doivent apprendre à vivre sans elle, Susie, doit elle, apprendre à continuer sans eux.

Susie Salmon est une adolescente intelligente, rebelle dans l’âme, s’est une fan de photographie. A travers certaines de ses photos, elle nous décrit la façon dont elle perçoit ses proches, surtout sa mère.
Elle nous montre que chaque personnage agit en fonction des autres, qu’ils l’entourent et que parfois, il est lui même. Comme ce matin où elle a pris sa mère en photo, elle n’était ni la mère, ni l’épouse, tout simplement Abigail. Sa mère se déconnectera complètement du monde pour ne plus affronter cette perte.

Les personnages sont assez nombreux, il serait long de tous les décrire. Au cours du roman, on les observe les uns après les autres, ils doivent faire face à ce qu’ils ont perdu, et chacun apprend vivre avec le souvenir et l’absence.
Le père de Susie, Jack, reste très attacher au souvenir de sa fille, il la voit partout et cela détruit. Ses enfants s’adapteront à ces changements. Lindsey et Buckley tentent tant bien que mal de continuer à vivre avec tout ça et à subir les conséquences. Lindsey trouvera le réconfort auprès de Samuel, et Buckley construira son monde. C’est en observant Lindsey qu’elle continuera d’être une adolescente, elle, reste mué dans son éternel quatorzième année alors que sa sœur continue de grandir et de gouter la vie. Goût que partagera Susie à travers elle.
Plus haut je parlais de Ruth, une « étrange » jeune fille, qui dessine merveilleusement bien et écrit beaucoup. Susie et elle ont un lien fort. Susie a touché Ruth lors de son passage dans l’Entre-deux. Et tout au long du roman, Ruth perçoit toutes ces personnes assassinées partout où elle va. Elle décrit tout ça dans son roman. Pour Susie, elle est un sorte de lien  avec la Terre et avec Ray Singh, son premier amour.

Toute la narration est faite par Susie Salmon, elle raconte son histoire mais surtout celle de ses proches. Dans l’écriture, on ressens toutes ses émotions, ses rêves d’adolescentes et ses désespoirs. Chaque page nous entraîne toujours un peu plus au cœur de cette famille que la mort a frappé. C’est un récit poignant et pleins de poésie.

Le récit dérive de personnages en personnages, il suit un peu près la chronologie, avec quelques flash-back. Malgré une narration à la première personne, le lecteur est partout à la fois, il a tous les ressentis, il connait tout, mais ne peut rien. Il est là en spectateur tout comme Susie
Ce roman est une sorte d’hymne à la vie comme la mort. Comment faire lorsqu’on perd quelqu’un qu’on aime? Que sa mort nous touche à ce point? Le souvenir doit-il nous détruire ou nous grandir? C’est à travers le regard de cette adolescente sur ses proches, que l’on découvre au fil des pages les réponses à ces questions.

Les évènements façonnés par ma mort n’étaient que les os d’un corps qui se retrouvaient entier à quelque imprévisible moment du futur. Ma vie avait été le prix à payer pour qu’il me soit donné de voir ce corps miraculeux.

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3 réflexions au sujet de « La nostalgie de l’ange – Alice Sebold »

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