Contemporain·Le Livre de poche

Ni d’Eve, ni d’Adam – Amélie Nothomb

Éditions : Le Livre de poche
Genre : Contemporain
Pages : 182
Prix : 6.10€

Quatrième de couverture

Stupeurs et tremblements pourrait donner l’impression qu’au Japon, à l’âge adulte, j’ai seulement été la plus désastreuse des employés. Ni d’Ève, ni d’Adam révèlera qu’à la même époque et dans le même lieu, j’ai aussi été la fiancée d’un Tokyoïte très singulier.


Avis

C’est avec plaisir que j’ai retrouvé le style d’Amélie Nothomb. Je l’ai découverte avec Stupeurs et tremblements lors de son année de dur labeur au sein de l’entreprise Yumimoto.

J’ai aimé retrouver ce style direct, sans détour et surtout ce regard passionné qu’elle porte sur le Japon. J’aime le Japon, et découvrir ce pays à travers son regard est un vrai plaisir, il n’y aucune fantaisie, juste du réalisme, elle expose la dure réalité mais aussi la beauté de ce pays.

Dés le début du roman, on rentre tout de suite dans le vif du sujet; l’auteure veut améliorer son japonais et pour cela elle propose de donner des cours de français, c’est ainsi qu’elle rencontre l’étrange Rinri.
L’échange commence difficilement, Amélie se rend vite compte que le français de Rinri n’est pas très bon, de plus elle essaie de réhabituer à cette langue qu’elle a appris il y a tellement d’années lorsqu’elle vivait dans le Kansai.
Très vite, les cours se tranforment en rendez-vous et un lien se forment entre ces deux personnages, est ce de l’amour?  Amélie l’appelera le « koi », « avoir du gout », en japonais pour dire qu’une personne est son(sa) petit(e) ami(e), on dira « koibito ». Au cours de ces quelques pages, on a le droit à tout un cours sur le mot « koi », elle nous expose son point de vue et ce qu’elle ressent par rapport à ce mot. Les japonais sont très pudiques, surtout sur l’amour, d’où l’utilisation du mot « koi ».

Tout au long du roman, on trouve toutes sortes de digression sur la langue japonais mais aussi sur le français, sur ce qui entoure la vie au Japon et bien d’autres choses. C’est comme si elle avait écrit au fil des jours, chacune de ses pensées sans vraiment y réfléchir. Je trouve que ca permet de vraiment rentrer dans le roman, ca crée un lien avec le lecteur.
Elle retrouve dés le début de l’histoire confronter à un petit problème de traduction, « jouer », en japonais « asobu ». Lorsqu’elle demande à Rinri ce qu’il fait pendant son temps libre, il lui réponds « jouer », c’est ainsi qu’on traduit « asobu ». Sauf qu’en japonais c’est plus que jouer, c’est s’amuser. En français lorsqu’on dit « jouer », c’est souvent suivi de quelque chose, jouer à un jeu video, un jeu de société, etc. En japonais, lorsqu’on occupe son temps libre de façon plaisante, c’est « asobu » tout simplement.

Rinri est très ouvert à la culture française, elle-même nous en fait part lorsqu’il étale ses sentiments sans pudeurs grâce à notre belle langue. Parfois on peut se demander qui est le français et qui est le japonais, par exemple il refuse de manger des plats japonais, cela lui rappelle les interminables diners de famille alors qu’Amélie se délecte de tous ces bons petits plats. Et lorsqu’elle en parle, elle vous donnerait presque envie de manger les pages.

Mon passage préféré reste celui où elle grimpe pour la premier fois sur le Fuji-san (Fuji-yama). Tout au long du chemin elle se compare à Zarathoustra, elle est propulsé, elle dépasse une foule de japonais et une des premières à arriver au sommet. Lorsqu’elle est écrit ce passage, j’ai vraiment ressenti cette sensation, de liberté, de grandeur que peut apporter la vu de la montagne, j’espère ressentir cette sensation la première fois que je le verrais. Elle passera la nuit à contempler le paysage qui se déroule sous ses yeux du haut du Fuji-san. C’est pour cela que j’apprécie l’écriture d’Amélie Nothomb, elle nous fait partager son expérience, on comprends son ressenti, cette émotion lorsqu’elle arrive au bout, lorsqu’elle observe le levé du soleil avec d’autres japonais et que dans un seul choeur, ils crient « banzai ».

Ni d’Eve, ni d’Adam est une histoire simple, les quelques années d’une jeune belge, passées au Japon. La découverte de ce pays qui lui tient à coeur. Dans l’écriture, on peut y découvrir une telle chaleur lorsqu’elle parle de ce qu’elle aime et en même temps une telle froideur, lorsqu’elle repart en Belgique pour fuir Rinri et ses promesses d’engagements. Elle le retrouvera quelques années plus tard, lors d’une dédicace et surtout elle comprendra enfin ce qui les liait tous les deux.

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